14/07/2026
Pompe à chaleur eau/eau en copropriété : conditions et aides CEE (BAR-TH-180)
Pompe à chaleur eau/eau en copropriété : la fiche CEE BAR-TH-180 et le Coup de pouce (×4) financent le projet en 2026. Conditions, calcul de la prime et étapes.
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La pompe à chaleur eau/eau en copropriété : un rendement supérieur
La pompe à chaleur (PAC) eau/eau puise les calories non pas dans l’air extérieur, mais dans une source à température stable, l’eau d’une nappe souterraine ou un capteur enterré parcouru par de l’eau glycolée. Cette stabilité est son principal atout : là où une PAC air/eau voit son rendement chuter quand il fait très froid, la PAC eau/eau conserve une performance élevée toute l’année. En copropriété, c’est une option particulièrement pertinente pour remplacer une chaudière collective, à condition de disposer de la ressource nécessaire. Et comme pour l’air/eau, l’opération peut être financée par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), au titre de la fiche BAR-TH-180.
Eau/eau ou eau glycolée/eau : deux façons de capter l’énergie
La fiche distingue deux configurations. Dans le cas eau/eau, la PAC capte l’énergie sur une eau souterraine (nappe phréatique), via un ou plusieurs forages. Dans le cas eau glycolée/eau, l’énergie est prélevée par des capteurs enterrés (horizontaux ou verticaux) dans lesquels circule un fluide caloporteur. Les deux relèvent de la même fiche BAR-TH-180, mais la performance de référence retenue diffère selon le type de captage, la source étant considérée à environ +10 °C pour une nappe et autour de 0 °C pour un captage sur sol.
Pourquoi ce rendement change la donne pour les charges
Une source de chaleur stable et tempérée permet à la pompe à chaleur de produire plus de chaleur pour chaque unité d’électricité consommée. Traduit en charges de copropriété, cela signifie une consommation d’énergie réduite et des dépenses de chauffage plus prévisibles, moins exposées aux pics de froid comme à la volatilité du prix des énergies fossiles. C’est aussi une solution de décarbonation robuste, qui inscrit l’immeuble dans la durée. Pour un panorama de toutes les aides mobilisables en copropriété, voyez notre article sur les aides à la rénovation énergétique en copropriété en 2026.
Le point à étudier tôt : la ressource et le forage
C’est la principale différence avec l’air/eau. Une PAC eau/eau suppose une ressource exploitable (une nappe accessible ou un terrain permettant la pose de capteurs) et, le plus souvent, des travaux de forage. Ces travaux sont encadrés (déclarations, respect de la ressource en eau) et doivent être anticipés dès l’étude de faisabilité. C’est précisément ce que vérifie une pré-étude : elle confirme, avant tout engagement, que la solution eau/eau est adaptée à la configuration de la copropriété, ou oriente le cas échéant vers une PAC air/eau. Notre accompagnement pompe à chaleur en copropriété commence par cette vérification.
Eau/eau ou air/eau : quelle différence pour les aides ?
Les deux solutions relèvent des CEE et du Coup de pouce, mais avec des coefficients de bonification différents lorsqu’elles remplacent une chaudière fossile : × 3 pour une PAC air/eau (BAR-TH-179), × 4 pour une PAC eau/eau ou eau glycolée/eau (BAR-TH-180), et × 5 pour un système géothermique (BAR-TH-178). Le choix ne se fait pas seulement sur l’aide : l’eau/eau offre un meilleur rendement et une plus grande stabilité, mais suppose une ressource (nappe ou terrain) et des travaux de captage que l’air/eau ne nécessite pas.
Les aides CEE : la fiche BAR-TH-180 et le Coup de pouce
Comme sa cousine air/eau, la PAC eau/eau bénéficie de deux leviers de financement : la prime CEE de base, définie par la fiche BAR-TH-180, et la bonification Coup de pouce, qui démultiplie le volume de certificats lorsque la pompe à chaleur remplace une énergie fossile.
La fiche BAR-TH-180 : conditions d’éligibilité
La fiche vise la mise en place d’une ou plusieurs pompes à chaleur de type eau/eau ou eau glycolée/eau, d’une puissance thermique nominale inférieure ou égale à 400 kW, pour un chauffage collectif. Les conditions clés sont les suivantes :
Un professionnel qualifié RGE, titulaire du signe de qualité correspondant aux travaux.
Une performance minimale : une efficacité énergétique saisonnière (Etas) supérieure ou égale à 111 % en application moyenne ou haute température, et à 126 % en application basse température.
Une étude préalable de dimensionnement, datée et signée, remise au bénéficiaire à l’engagement : elle détaille les déperditions du bâtiment, la puissance dimensionnée et le taux de couverture des besoins de chauffage assuré par la PAC.
Un usage éligible : chauffage seul, ou chauffage et eau chaude sanitaire. Une PAC dédiée uniquement à l’eau chaude sanitaire ne relève pas de cette fiche.
À noter, deux règles de non-cumul : pour une même pompe à chaleur, la fiche n’est pas cumulable avec la fiche géothermie (BAR-TH-178), ni avec la fiche eau chaude sanitaire (BAR-TH-169) si la PAC assure à la fois chauffage et eau chaude sanitaire. La fiche s’applique aux opérations engagées jusqu’au 31 décembre 2030.
Comment se calcule la prime
Le montant est exprimé en kWh cumac et suit la même logique que pour l’air/eau : un montant de référence par appartement, multiplié par le nombre d’appartements chauffés, puis par un facteur correctif (R) qui reflète la part des besoins couverte par la pompe à chaleur. Trois paramètres font varier le montant de référence : la zone climatique (H1, H2 ou H3), la performance de la PAC (la tranche d’Etas atteinte) et l’usage (chauffage seul, ou chauffage et eau chaude sanitaire, mieux valorisé). À performance comparable, la fiche eau/eau est généralement mieux valorisée que l’air/eau. La valeur en euros dépend enfin du prix de rachat du kWh cumac, variable selon le marché, d’où l’intérêt d’une simulation à jour plutôt que d’une estimation théorique.
Le Coup de pouce, une prime multipliée par quatre
Au-dessus de la prime de base, le Coup de pouce Chauffage apporte une bonification lorsque la pompe à chaleur remplace une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz. Pour une PAC eau/eau ou eau glycolée/eau relevant de la fiche BAR-TH-180, cette bonification multiplie par quatre (× 4) le volume de certificats délivrés (arrêté du 6 septembre 2025), un coefficient supérieur à celui de l’air/eau (× 3) et proche de la géothermie (× 5). La bonification est soumise à conditions : dépose d’au moins une chaudière fossile, demandeur signataire de la charte d’engagement, et priorité au raccordement à un réseau de chaleur lorsqu’il est réalisable. Sur ce dernier point, il est utile de vérifier en amont si la copropriété est raccordable, un sujet que nous traitons dans notre page dédiée au raccordement à un réseau de chaleur.
Le taux de couverture, une notion à connaître
Le montant de la prime CEE dépend notamment du taux de couverture : la part des besoins de chauffage de l’immeuble effectivement assurée par la pompe à chaleur. Plus la PAC couvre une part importante des besoins, plus le facteur correctif appliqué au calcul est favorable. C’est l’un des rôles de l’étude préalable de dimensionnement, obligatoire, que de définir ce taux de couverture et de dimensionner la ou les pompes à chaleur en conséquence.
Concrétiser le projet en copropriété
Un projet de pompe à chaleur eau/eau combine une dimension technique (la ressource, le forage, le dimensionnement), une dimension financière (CEE et Coup de pouce) et une décision collective (le vote en assemblée générale). Bien mené, il se déroule dans un ordre précis qui sécurise à la fois la subvention et la décision.
Cette solution est-elle adaptée à votre copropriété ?
Tout commence par une pré-étude de faisabilité, qui répond à la première question : la copropriété dispose-t-elle de la ressource et de l’espace nécessaires à une solution eau/eau ? Cette étape estime aussi les aides mobilisables et le reste à charge, avant tout engagement de frais. Si la configuration ne se prête pas à l’eau/eau, l’analyse oriente vers l’alternative la plus pertinente, une PAC air/eau, par exemple, dont nous détaillons les aides dans notre guide des aides pour une pompe à chaleur en copropriété.
Les étapes clés
Pré-étude de faisabilité (APS) : ressource, espace, estimation des aides et du reste à charge.
Étude approfondie et dimensionnement : l’étude exigée par la fiche BAR-TH-180, incluant le volet captage et forage.
Constitution du dossier CEE : valorisation des certificats et intégration du Coup de pouce, avant la signature du devis de travaux.
Vote en assemblée générale : présentation du projet, du plan de financement et du reste à charge par lot.
Réalisation par un installateur RGE, puis contrôle, dépôt du dossier et versement de la prime.
Le rôle de l’AMO
Ressource, forage, dimensionnement, non-cumul de fiches, Coup de pouce : autant de points où une erreur peut coûter la prime. En tant qu’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) énergétique et financière, LCT coordonne les études, structure le financement, sécurise le dossier CEE de bout en bout et assure le suivi jusqu’au versement, avec signature électronique et suivi photo par mail. LCT coordonne, l’installateur réalise : chacun dans son rôle, pour un dossier qui passe les contrôles sans accroc.
Vous étudiez le remplacement de votre chaufferie ? Découvrez notre accompagnement dédié aux copropriétés et syndics : pré-étude de faisabilité, simulation du reste à charge par lot et dossier CEE sécurisé de bout en bout.
Anticiper le volet captage
La spécificité d’une PAC eau/eau, c’est le captage de l’énergie : forage sur nappe ou capteurs enterrés. Ces travaux sont encadrés (déclarations, préservation de la ressource en eau) et conditionnent la faisabilité du projet. Les traiter dès la pré-étude, et non après le vote, évite les mauvaises surprises et permet d’arriver en assemblée générale avec un projet solide et chiffré.





